| Note d'introduction |
Scandaleux, sur le roi et ses maîtresses. Ce livre hautement interdit n'a connu que deux éditions (1694), peut-être trois si l'on prend en considération celle en 100 p. signalée par Rahir (occurence 1).On trouvera l'essentiel de nos observations et références sur cet ouvrage dans la présente notice.  |
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| Incipit |
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| Nombre d'occurences |
1 1694, 100 p., douteuse. Sphère au titre selon Rahir- L'existence de cette édition n'est attestée que par une note dans le catalogue Rahir. Rahir ne mentionne pas de frontispice.
2 1694, 136 p., corbeille au titre,
avec frontispice
3 1694, 136 p., sphère au titre, avec frontispice [cette
notice]
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| Titre
(non verif. sur l'exempl.)
Pour les ouvrages vérifiés sur l'exemplaire,
nous reproduisons scrupuleusement les capitales, accents et signes de
ponctuation de l'original.
Toutefois, les deux formes du "et" ancien sont
toujours rendues par & |
[Anonyme] SCARRON || APARU || A MADAME || DE || MAINTENON || ET LES || Reproches qu'il lui fait, sur || ses amours avec || LOUIS LE GRAND. || [Fleuron : sphère] || A COLOGNE, || Chez JEAN LE BLANC. || [Filet] || M. DC. XCIV.
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| Auteur selon l'imprimé |
Anonyme |
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| Auteur découvert ou supposé |
Discussion de l'attribution à La Roque A VENIR  |
| Adresse |
Cologne, Jean Le Blanc. |
| Notes sur l'adresse |
Fictive. |
| Année |
1694 |
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| Format, pagination |
12°;
136 p. |
| Signatures |
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| Ornements |
Fleuron du titre : sphère |
| Illustrations |
On verra en lisant l'article du Bulletin du bibliophile référencé ci-dessous, que les deux bons connaisseur de l'histoire du livre qu'étaient Charles Nodier et Paulin Paris, associaient dès le milieu du XIXe siècle, le pamphlet Scarron aparu à Mme de Maintenon à un frontispice spécifique qu'il décrivent brièvement ainsi:
"Le titre est orné d'une planche où figurent les principaux héros du Roman comique de Scarron qui apparoissent devant la marquise de Maintenon." Je dois à l'obligeance d'un internaute d'avoir pu examiner titre et gravure de l'édition à la sphère en 136 p. Contrairement à ce qu'affirment Nodier et Paris, l'image est gravée sur le feuillet précédent celui du titre (il s'agit donc bien d'un frontispice) quoique imprimée en regard de celui-ci en page paire. Le titre, lui, est imprimé normalement en page impaire et orné d'une sphère.
Il nous semble donc évident que le frontispice décrit par Brunet non sans quelque précaution de style ("une anecdote qui se rapporte soit à ce pamphlet, soit à un autre sur le même sujet") et que nombre de ceux qui utilisent son Manuel ont attribué sans autre au pamphlet Scarron aparu à Mme de Maintenon, ornait un autre libelle, sans doute cet Ombre de Mr Scarron qu'on serait bien en peine de trouver dans une bibliothèque pour la raison qu'il semble avoir été totalement détruit.
C'est sans doute ainsi qu'il faut interpréter ce passage du journal de l'avocat Bruneau, cité par Brunet: "On a trouvé des paquets de ce libelle jetés la nuit dans la rivière [la Seine] entre le pont Notre-Dame et le pont au Change". La notice de Brunet d'ailleurs laisse entendre que le frontispice "place des Victoires" appartient à ce dernier libelle: "...et l'Ombre de M. Scarron, qui étoit son mari, avec une planche gravée de la statue de la place des Victoires."
Malheureusement, le flou relatif du texte de l'avocat Bruneau, répercuté par ceux qui l'ont cité, a eu pour conséquence d'associer le frontispice "place des Victoires" avec le pamphlet que nous étudions ici. Ce fut le cas, par exemple, de Pierre Clément, excellent historien au demeurant, dans La police sous Louis XIV, qui a négligé le passage, à nos yeux essentiel, suivant : "Cette satire (Scarron aparu à Mme de Maintenon) est remplie de lettre apocryphes du roi et de madame de Maintenon, à laquelle on fait jouer un rôle bas et infâme. Le titre est orné d'une planche où figurent les principaux héros du Roman comique de Scarron qui apparoissent devant la marquise de Maintenon." Non seulement, Clément a négligé ce passage, mais dans une note de son ouvrage (note 2 de la p. 76), se rapportant à l'Ombre de Mr Scarron et au frontispice "place des Victoires", il donne du crédit à l'idée que Scarron aparu à Mme de Maintenon et l'Ombre de Mr. Scarron sont un seul et même pamphlet: "Il existe un pamphlet intitulé : Scarron apparu à madame de Maintenon, et les reproches qu'il lui fait sur ses amours, Cologne, Jean Le Blanc, 1694, in-12 de trente-six pages, y compris la gravure. C'est sûrement de celui-là (l'Ombre de Mr Scarron) qu'il s'agissait." L'erreur de pagination (trente-six au lieu de cent trente-six) nous laisse penser que Clément n'avait vu ni le pamphlet ni la gravure en question.
Conclusion Dans l'état actuel de notre recherche, nous admettrons, comme hypothèse raisonnable qui reste à établir de manière définitive si une découverte d'archive nous le permet, que la police de M. de La Reynie a saisi en 1694, entres autres libelles, deux pamphlets s'attaquant au roi et à Mme de Maintenon:
- L'Ombre de M. Scarron, avec un frontispice montrant Louis XIV enchaîné sur la place des Victoires entre ses quatre maîtresses, pamphlet qui semble avoir entièrement disparu;
- Scarron aparu
à Madame de Maintenon et les reproches qu'il lui fait sur ses amours avec Louis le Grand, Cologne, Jean Le Blanc, 1694, avec un frontispice montrant Mme de Maintenon assise devant sa coiffeuse, surveillée d'un oeil sarcastique ou concupiscent (allez savoir) par Scarron lui-même et trois personnages de son Roman Comique dont les noms nous sont donnés dans un cartouche: Ragotin, La Rancune et La Rapinière.
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| Miroir (haut. x larg.) |
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| Localisation |
Lyon/BM : 811530, CGA; Nantes/BM : 41768, Fonds ancien
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| Bibliographie |
Lever 387; Conlon 6524 ; abs. de Barbier, Ferrier-Caverivière, Sauvy.
Les sources publiées sur la publication de ce pamphlet et ses conséquences sont :
1. Le journal de l'avocat Antoine Bruneau, cité en 1844 par Charles Nodier et Paulin Paris, puis en 1866 par Pierre Clément dans son livre La police sous Louis XIV ainsi que par le bibliographe J.-Ch. Brunet, dont le Manuel a été le livre de chevet de cinq ou six générations de libraires et de bibliothécaires....
2. Les archives de la Bastille inventoriées par Ravaisson et par Funck-Brentano
1. Dans un article du Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1843-1844, VIe série, Ch. Nodier et P. Paris ont donné une première version de l'extrait du journal de l'avocat Bruneau où l'on trouve mention du supplice de deux imprimeurs en rapport avec le pamphlet étudié dans cette notice : Article Nodier-Paris . C'est cet article qui semble avoir servi de base au passage du livre de Pierre Clément cité ci-dessus (note p. 77).
La notice de Brunet, Manuel du libraire t.V, col. 186, n'a cessé depuis un siècle et demi d'être citée par tous les bibliographes, libraires et catalogueurs. C'est la raison pour laquelle il nous semble utile d'en donner ci-après l'intégralité : Notice Brunet .
Les deux notices rapportent les faits suivants :
a) le vendredi 19 novembre 1694, Rambault, compagnon imprimeur de Lyon, travaillant chez la veuve Charmot [s'agit-il de la veuve de l'imprimeur Jean Charmot, reçu par la Communauté des Libraires
le 6 mars 1659 ? cf. La Caille p. 313] et Larcher, garçon relieur de chez Bourdon sont pendus en place de Grève après avoir subi la question (torture).
L'accusation qui les a mené à la potence: ils ont fabriqué et vendu "des libelles infâmes" glosant sur LE secret d'Etat le plus sensible de la France de Louis XIV, son mariage caché avec sa dernière maîtresse, François d'Aubigné marquise de Maintenon, veuve de l'écrivain satirique Scarron. On a lieu de penser, sans en avoir la preuve décisive, qu'un seul de ces "libelles infâmes" est parvenu jusqu'à nous, celui-là même que nous etudions dans cette notice, et que ce libelle était agrémenté d'un frontispice représentant Scarron et trois de ses personnages examinant sans indulgence Mme de Maintenon.
En revanche, un autre libelle, peut-être intitulé l'Ombre de Mr Scarron [titre probablement incomplet] , orné lui d'un autre frontispice représentant Louis XIV enchaîné au milieu de la place des Victoires par ses quatre maîtresses, aurait été détruit par la police après avoir été jeté à la Seine par les imprimeurs affolés.
b) Le lundi 20 décembre, Chavance, garçon libraire natif de Lyon, est condamné à mort et conduit en place de Grève pour y être pendu. Simulacre ou grâce de dernière minute? L'avocat Bruneau nous donne une explication: "On dit que Chavance est parent ou allié du Père La Chaise, confesseur du roi". Un autre accusé, La Roque "fils d'un ministre [pasteur] de Vitré, et de Rouen, qui a fait la préface de ces impudens livres" échappe au jugement.
2.
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| Notes de librairie |
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| Notes |
Nous savons que la veuve Cailloué, née Anne Le Febvre, libraire de Rouen, fut compromise dans la publication de ce libelle, parmi d'autres probablement, et, quoiqu'elle fut "fort vieille et infirme" conduite à la Bastille par ordre du roi du 18 octobre 1894, contresigné Pontchartrain. Son tort, outre la publication ou la vente de livres interdits, était d'avoir été protestante. Cette "nouvelle convertie" était donc doublement suspecte. Sa fille Marianne, qui n'avait pas voulu l'abandonner, l'accompagna en prison. Anne Cailloué mourut à la Bastille le 21 novembre 1694. Le 21 novembre de la même année, Marianne Cailloué, dont le seul crime était d'avoir soutenu sa mère, fut enfermée au couvent des Nouvelles-Converties. Un autre libraire de Rouen compromis, Dumesnil, arrêté en même temps que la veuve Cailloué, fut libéré le 9 juin 1695. (Funck-Brentano, Les lettres de cachet et Ravaisson, Archives de la Bastille) A COMPLETER 
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Notice créée : 29.06.2005 |
Mise à jour : 23.10.2007 |